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Randonnée à cheval en Equateur

Lieu: 
Equateur

Carte: 
Mappe-monde-equateur

Description du voyage: 

Au cœur des Andes dans la Sierra centrale, en Equateur, le Cotopaxi s’élance vers le ciel. Ici, la terre semble s’agenouiller à ses pieds comme une révérence éternelle devant ce volcan magnifique. Il est le volcan actif le plus haut du monde qui culmine à 5897 mètres.

 
 
A ses pieds, s’étendent de vastes territoires de prairies fertiles, sauvages et magnifiques, c’est ici que d’immenses haciendas se sont installées il y a des décennies.

Les Andes en abritent de nombreuses, notamment dans la région d’Otalavo plus au nord. Nous avons pu découvrir l’une d’entre elles, l’hacienda Pinsaqui construite en 1790. Celle-ci nous projette dans des temps lointains par son architecture typique, ensemble de bâtiments au charme désuet et évocateur. Ici, le temps s’est arrêté. Une allée pavée nous mène à travers des arbres centenaires vers un patio dont le centre marqué par une fontaine en pierre vers l’entrée magistrale entourée de 2 lourdes portes de bois sculptée. La lumière du couchant illumine les jardins verdoyants et la façade peinte en blanc du bâtiment principal, accentue le bleu des menuiseries et des allées d’agapanthes.
 
Tout autour, des prés où se reposent les chevaux de l’hacienda. Aujourd’hui, ils sont utilisés pour guider les touristes dans de belles randonnées équestres.
 
Dans le parc du Cotopaxi, nous avons ensuite rejoint l’hacienda El Porvenir. Construite sur un plateau balayé par les vents, cette vaste propriété a conservé son activité d’élevage et les chevaux y sont toujours utilisés pour s’occuper des troupeaux de vaches et taureaux.
 
Sur plusieurs centaines d’hectares, les bêtes à l’état presque sauvage se répartissent sur des distances incroyables et la seule façon de pourvoir les surveiller et les atteindre reste le cheval. Ici, pas de routes, ni même de sentiers, des étendues d’herbes folles, des pentes abruptes, des collines et des vallées vertes, une nature vierge et superbe.

 

C’est à El Porvenir que nous allons partir pour une randonnée dans ces paysages magiques. Nous préparons nos montures, de petits chevaux rustiques, mais très robustes qui savent parfaitement évoluer dans sur ces terrains difficiles. Ici, l’altitude se situe à 3600 mètres et le vent reste glacial et déchainé. Nous enfilons de lourdes chaps en cuir et en peau, ainsi que d’épais ponchos de laine qui nous couvrent le corps en totalité. Bonnets et gants, nous voilà équipés et prêts à partir.

 
Nous empruntons d’abord les petits sentiers qui serpentent autour de l’hacienda et découvrons la vie qui s’y déroule. Plusieurs prés clôturés et un grand "manège" nous laisse imaginer l’effervescence que provoque le rassemblement annuel des bêtes pour le comptage et le marquage. Ce doit être un travail harassant lorsqu'il faut  rassembler le bétail le plus éloigné. Imaginez des centaines et des centaines de bêtes soudain rassemblées en un lieu précis, piétinant le sol dans des nuages de poussière, meuglant, se bousculant...

 
Nous continuons notre ascension sur les pentes douces de quelques collines, le rythme est lent, l’altitude nous fait un peu tourné la tête, mais les chevaux habitués à ces exercices, avancent avec assurance. Nous traversons des espaces couverts de bouquets d’herbes ondulants sous le vent. A chaque passage de sommets ou de cols, un nouveau paysage s’offre à nos yeux ébahis.

 
4200 mètres ! le spectacle est époustouflant. Nous stoppons nos montures pour les laisser se reposer. Nous profitons du spectacle : devant nous, un autre volcan endormi, le Ruminahui (4712 m), déchiqueté, pics abruptes, pentes de sables noirs, falaises aux tons mélangés de rouges et de gris. A ses pieds, une vallée verdoyante dans laquelle des vaches paissent tranquillement, libres d’aller où bon leur semble. Au dessus de nos têtes, le passage rapide des nuages dessine sur le sol des couleurs changeantes, presque vivantes... La vallée remonte vers nous dans un paysage d’herbacées, de lupins sauvages et de bosquets fleuris. Ici, la nature a gardé de sa sublime, sauvage et inchangée.
 
Surplombant une crête, le paysage bascule vers une autre vallée verte, une succession de collines et de crêtes émergeant des vallées verdoyantes et des lagunes endormies.

 
Les lumières d’altitude, si particulières, crues et puissantes, découpent des ombres plus nettes et intenses. Ici le ciel semble plus bleu, plus proche...
 
Et là soudain, surpris par notre arrivée discrète, un troupeau de chevaux sauvages semblent s’envoler comme des oiseaux. Ils sont nombreux ici, certainement échappés des haciendas, ils ont su s'adapter à ces territoires hostiles et cette nature à l'état brute. Ils évoluent en petits troupeaux libres et magnifiques.

 
Nos montures nous mènent avec une assurance déconcertante sur des travers improbables. Chevaux et cavaliers semblent évoluer au rythme du vent, les ponchos et les crinières ondulent, au milieu du balancement des herbes hautes.

Notre chevauchée se prolonge encore longtemps au milieu de ces paysages à couper le souffle. Nos regards émerveillés se projettent toujours plus loin, loin, très très loin...

Véronique et Christophe

 

Photos du voyage: