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Les aplombs du cheval

Mots-clés
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Les aplombs du cheval correspondent à l’orientation des membres postérieurs et antérieurs sous le corps. Les aplombs sont dits : réguliers, si les membres antérieurs et postérieurs sont bien verticaux et parallèles. Dans le cas contraire, on parle d’aplombs irréguliers. Ces derniers pouvant être rectifiés par des ferrures ou des traitements spécifiques chez le poulain, la qualité des aplombs s’appréciera sur le cheval adulte.

La qualité des aplombs est particulièrement déterminante dans la locomotion du cheval de sport. De bons aplombs permettent un appui stable et symétrique de chaque membre afin d’optimiser les mouvements et les forces propulsives du cheval.

 

1. Les risques liés aux défauts d’aplomb

Les vices d’aplomb peuvent être préjudiciables à la longévité de la carrière sportive du cheval. Ils sont, en effet, susceptibles de créer une usure prématurée au niveau articulaire, musculaire et ligamenteuse. Ces lésions sont principalement liées à une mauvaise répartition des contraintes qui pèsent sur les membres entraînant, notamment, des atteintes répétées et/ou des phénomènes de compensation chez le cheval. A terme, de mauvais aplombs peuvent être à l’origine de pathologies telles que l’arthrose, les tendinites, claquages, fractures…

2. Les critères d’évaluation des aplombs chez le cheval

Les défauts d’aplomb peuvent être détectés à l’arrêt, mais aussi en mouvement aux différentes allures.
Voici la liste des principaux défauts d’aplomb facilement détectables en position statique du cheval.aplomb cheval
(Sur le schéma ci-dessus, les lignes vertes représentent les aplombs réguliers. Les lignes pointillées rouges les défauts d’aplomb).
La ligne verticale AB partant de la pointe de l’épaule jusqu’au sol doit se situer légèrement en avant du pied.

La ligne verticale CD partant de la pointe de la fesse, doit passer par la pointe du jarret et toucher le sol légèrement en arrière du pied.

. Cheval "sous lui du devant "
Si la ligne AB est trop inclinée vers l’arrière du pied, le cheval est "sous lui du devant". Ce défaut a tendance à pénaliser l’équilibre, car il y a surcharge de l’avant-main. Les allures manquent d’étendue et sont plutôt rasantes.
Lorsque le cheval est sous lui du devant, le maréchal travaillera surtout sur le rolling. Cela consiste à créer un léger biseau sur le devant du fer de manière à faciliter le départ du pied et son mouvement de basculement vers l’avant.

. Cheval "campé du devant"
Si la ligne AB est trop inclinée vers l’avant du pied, le cheval est "campé du devant".
Dans cette configuration, il y a surcharge de l’arrière-main, notamment au niveau des jarrets. Le cheval a tendance à creuser sa ligne du dessus et à manquer de force dans l’arrière-main.
Concernant la maréchalerie, l’objectif sera de soulager la partie arrière du pied en donnant plus de couverture (débordement du fer) au niveau du talon. On évite ainsi au pied de s’enfoncer trop profondément dans le sol au moment de l’appui.

. Cheval "sous lui du derrière"
Si la ligne CD est inclinée vers l’avant du pied, le cheval est "sous lui du derrière". Il a tendance à manquer d’équilibre associé à un affaissement de l’arrière-main, très préjudiciable à la propulsion dans les battues de départ des sauts. Ce défaut sollicite exagérément les jarrets d’où les signes d’usure prématurée tels que l’éparvin.

. Cheval "campé du derrière"
Si la ligne CD est trop en arrière de la verticale, le cheval est "campé du derrière". On parle de jarrets droits. Ce défaut d’aplomb induit un manque de force dans l’arrière-main.

 

aplombs cheval

 

Sur le schéma ci-dessus, la ligne verte représente l’aplomb régulier de l’antérieur.

. Cheval "brassicourt"
Lorsque le genou est en avant de la verticale EF, le cheval est "brassicourt". Ce défaut n’est pas vraiment problématique pour le cheval de sport.
Face à ce défaut d’aplomb, le maréchal ne cherche généralement pas à modifier la ferrure, le cheval étant à la fois « sous lui du devant » et « campé ». La bonne démarche est de bien suivre la ferrure et donc d’éviter les pieds trop longs.

. Genoux creux ou de genoux de mouton
Lorsque le genou est en arrière de la verticale, on parle de "genoux creux" ou de "genoux de mouton". Cette mauvaise conformation sollicite exagérément les tendons fléchisseurs et peut prédisposer le cheval aux claquages.
Même problème que le cheval brassicourt. Il y a deux défauts contradictoires : sous lui du devant et campé. Là aussi, on ne laisse surtout pas "vieillir" la ferrure.

aplomb cheval antérieurs

. Le cheval panard ou cagneux
L’axe des pieds est tourné vers l’extérieur ou l’intérieur. La déviation peut aussi partir du genou. Dans cette configuration, il y a surcharge de la partie du pied la plus proche du sol.
Le maréchal ne cherche pas à corriger le défaut, mais à mieux répartir les charges qui pèsent sur le pied en le gardant le plus à plat possible.

. Les défauts d’aplomb des postérieurs vue de dos

aplomb cheval

Les problématiques sont identiques aux défauts des antérieurs.
Les défauts d’aplomb des postérieurs sont, en revanche, souvent liés à des phénomènes d’usure ou compensatoires. Par exemple, un cheval aux jarrets cambrés (jarrets éloignés l’un de l’autre) aura tendance à devenir cagneux.
Le plus problématique est le défaut du postérieur ouvert du derrière, car le cheval a tendance à harper.

 

3. Le traitement des défauts d’aplomb : un travail d’équipe

Le cheval parfait dans son physique étant plutôt rare, il existe heureusement des solutions permettant d’atténuer ou de faire disparaître les conséquences de mauvais aplombs. Cela passe principalement par un travail d’équipe : le maréchal, le vétérinaire, l’ostéopathe et le cavalier.
L’observation du cheval dans son travail de tous les jours est le point de départ de cette démarche. Et le mieux placé pour cela, c’est d’abord le cavalier. Être attentif le plus possible à nos sensations dans le travail monté, à la locomotion, à l’état mental et physique de nos chevaux… Voilà un de nos premiers devoirs de cavalier. C’est aussi pour cette raison que Michel Robert insiste sur la nécessité de travailler le cheval à pied. Cela permet, entre autres, une vision plus globale du cheval et d’observer ses déplacements sans les interférences du cavalier.
Lorsque l’on constate un changement dans la locomotion ou le comportement du cheval, le bon réflexe est de demander l’avis du maréchal et/ou du vétérinaire. Un contrôle radiographique, notamment de l’axe phalangien, permet d’orienter plus précisément la démarche de soins. Si aucune anomalie n’est détectée, le traitement pourra consister à traiter uniquement la boîte cornée par un bon parage et une ferrure adaptée.

Et maintenant, un petit quizz pour voir si vous bien appris la leçon ...