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Stage d'obstacle Pénélope Leprévost et Michel Robert : La conférence . 2ème partie

Mots-clés
HABG08, Conférence masterclass, stage CSO, stage saut d'obstacles, penelope leprevost

A l'occasion du Masterclass du 5 et 6 janvier 2019 au Boulerie Jump du Mans, Michel Robert et Pénélope Leprévost répondent aux questions du public.


Vous arrive-t-il d'être stressés avant vos parcours ?

Pénélope Leprévost
Je dois faire plus de 600 parcours par an… peut-être plus, je ne compte plus trop. Donc avec l’habitude, la routine… le stress n’est pas vraiment un handicap pour moi. En tout cas, je ne fais pas partie des personnes qui s’affaiblissent fasse à la pression. Au contraire, c’est quelque chose qui aurait plutôt tendance à me stimuler et à me pousser à être encore meilleure.

Michel Robert
La pression oblige forcément à se mettre dans un certain état de vigilance. Je pense que tout le monde peut être plus ou moins stressé.

Pénélope Leprévost
A moins d’en avoir vraiment rien à faire de ce que l’on fait… mais c’est rare en concours…

Michel Robert
Oui, et de toute façon, il y a toujours un peu de fierté ou quelque chose qui pousse à rester vigilant. Si on est aussi décontracté qu’au bistrot après deux bières, c’est vraiment difficile de réussir.
J’ai moi aussi fait plusieurs milliers de parcours dans ma vie et pourtant avant d’entrer en piste, j’ai toujours ce petit quelque chose qui m’incite à rester attentif. Le tout est de ne pas se laisser déborder par la pression. Tout est une question de dosage.

Concernant votre préparation physique et votre hygiène de vie, avez-vous des conseils à donner aux cavaliers ?

Pénélope Leprévost
En ce qui me concerne, pas trop… je ne suis pas trop focalisée sur mon alimentation, je l’avoue…

Michel Robert
Heureusement Pénélope a arrêté de fumer. Ça c’est une grande victoire ! Je pense que fumer est vraiment un handicap énorme.
Avoir une bonne hygiène de vie est de plus en plus une préoccupation pour pas mal de gens. On prend conscience que manger certains aliments, comme trop de viande ou trop de médicaments, est mauvais pour notre organisme. Comme je le dis souvent, notre corps nous le gardons jusqu’à la fin de notre vie, alors mieux vaut en prendre soin jusqu’au bout. Il ne s’agit pas forcément de vivre en acète, mais en tout cas ça vaut le coup de faire attention à son corps.
Il n’y a pas de fatalité non plus. Je raconte souvent qu’à 35 ans, j’avais deux hernies discales et qu’un médecin m’avait interdit de monter à cheval, sous peine de finir dans un fauteuil roulant à 40 ans. Heureusement, je ne l’ai pas cru et j’ai tout fait pour prendre soin de mon dos… 35 ans plus tard, je monte toujours à cheval. Je constate même qu’aujourd’hui, je progresse encore physiquement. Même après 60 ans, on peut encore améliorer son corps. Mais, on ne nous a pas éduqué à y croire. Heureusement, j’ai eu la chance d’avoir un père médecin qui était un peu un original pour l’époque. Lui, il était contre cette surconsommation de médicaments et tous ces aliments qui nuisent à notre santé. 
Il vous appartient de trouver de quoi votre corps a besoin pour rester en forme.
Et puis, chacun fait bien ce qu’il veut… Une fois Pénélope m’a trainé au Mac Do, je n’ai rien pu manger…

Vous parlez beaucoup du regard du cavalier, mais quelle connaissance avons-nous du regard du cheval ?

Michel Robert
Ma carrière de cavalier m’a donné l’occasion de bien observer les chevaux et leurs réactions.  Il est certain que les chevaux qui se tiennent le regard très haut se comportent comme des proies prêtent à fuir un danger potentiel. Lorsque certains cavaliers leur tiennent la tête en l’air, ils font monter le taux d’adrénaline, ce qui a tendance à électriser les chevaux. A l’inverse, lorsque les chevaux ont le nez au ras du sol, ils sont plutôt dans une attitude de confiance et de calme.
J’ai aussi découvert depuis peu que le fait de passer sans arrêt la tête du cheval à droite et à gauche est une source d’inquiétude pour lui. Chaque cheval a un œil directeur et le fait de l’obliger à changer en permanence son champ de vision est très déstabilisant pour lui.
Il y a aussi d’autres indicateurs qui doivent être pris en compte : les mouvements d’oreilles, les grincements de dents, les fouaillements de queue… tout cela fait partie du langage du cheval.

Vous avez parlé du regard perpendiculaire du cavalier, mais comment fait-on pour préparer si on ne regarde pas devant soi ?


Pénélope Leprévost
Nous avons bien précisé que le regard perpendiculaire est un outil et non une attitude que l’on garde en permanence. Il faut l’adopter lorsqu’on recherche de la décontraction et de la fluidité dans notre corps.
C’est une bonne technique pour avoir plus de liant et bien fonctionner avec les mouvements du cheval. Avec les cavaliers qui ont tendance à s’accrocher à la bouche, c’est vraiment très efficace. Quand on leur demande de regarder sur le côté, on les voit se relâcher aussitôt dans tout leur corps. On observe d’ailleurs le même résultat sur le cheval qui se décontracte lui aussi et peut ainsi mieux utiliser son corps pour sauter.

Michel Robert
On voit bien quand quelqu’un a peur de quelque chose, il bloque sa respiration et tout son corps se raidit. Le fait de décrocher le regard permet de « décrocher le mental » et de retrouver de la liberté de mouvement.
Le regard perpendiculaire, il faut vraiment essayer et vous vous rendrez compte de tout ce qu’il peut vous apporter. Testez-le dans les transitions, les tournants, les abords, les réceptions… Les résultats sont spectaculaire, vous verrez !  

Pénélope Leprévost
Il faut vous entraîner et répéter, répéter… Vous verrez au bout d’un moment ça devient instinctif.
 

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Dans quelles situations, faut-il regarder plutôt à droite ou gauche ?

Pénélope Leprévost
Quand on a l’habitude d’utiliser le regard perpendiculaire ou le regard panoramique, on sait où placer notre corps et les problèmes de position disparaissent. Le regard devient alors un outil pour canaliser le cheval. On peut regarder à droite, à gauche, devant… en fonction de la situation.

Michel Robert
Nos yeux deviennent des collaborateurs au même titre que nos mains et nos jambes. Le regard n’est plus un handicap, comme c’est le cas quand on regarde par terre, mais une véritable aide pour le cavalier.

Comment arrivez-vous à faire des parcours avec autant de vitesse sans perdre le contrôle ?

Parcours de Pénélope Leprévost et Nice Stéphanie . CSI 5 * Cannes 2015 

Pénélope Leprévost
Quand on regarde les cavaliers travailler sur le plat, on s’aperçoit qu’ils ne vont jamais dans une vitesse de parcours. Alors forcément, c’est un peu normal qu’ils rencontrent des problèmes de contrôle en épreuve.
A la maison, je demande à mes cavaliers de s’entraîner à varier leur vitesse : aller plus doucement mais aussi plus vite qu’en parcours. C’est important pour le cavalier, et bien sûr pour le cheval.

Michel Robert
Quand on vient sur un gros oxer d’1m60 en sortie de tournant, il est évident qu’il faut de la force pour sauter. On n’arrive pas à deux à l’heure tout « mouliguasse » devant l’obstacle. Tout cela se prépare à la maison. D’ailleurs à l’entraînement, c’est bien de mettre des gros obstacles sur la carrière et de faire comme si on allait les sauter. Il faut s’habituer à aller chercher la force sans forcément aller sauter.
C’est vraiment très important pour se préparer efficacement à la compétition. 

 

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