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Intérêt du travail à pied

Mots Clés
Débutant, travail à pied, longe, travail en longe, ethologie, REF ART3

 

 

travail-en-longeLe travail à pied est indispensable pour prendre contact avec le cheval, se mettre en communication avec lui sans l’interférence du cavalier sur son dos. C’est le meilleur moyen de faire connaissance : observer la façon dont il se déplace, bouge, pose ses pieds, à quel moment il se décontracte ou au contraire se raidit… bref tous ces petits signes que l’on ne perçoit pas lorsque l’on est en selle, trop préoccupé par nos considérations équestres.

 

Cette vision extérieure du cheval permet de prendre conscience des réalités. Lors du travail à pied, Michel focalise beaucoup son attention sur la ligne du dessus, celle qui part des oreilles jusqu’à la queue.
Il repère la façon dont l’énergie circule le long de toute cette zone. Souvent l’emplacement de la selle correspond à une zone de blocage. De nombreux chevaux présentent une sorte d’atrophie musculaire à cet endroit, chose que l’on ne remarque pas, ou très peu, chez les chevaux qui n’ont jamais été montés. L’état des cervicales témoigne également du passé du cheval.
Souvent l’utilisation d’enrênements trop contraignants ou d’embouchures trop dures a créé comme une zone de cassure, une zone où l’énergie ne circule plus. Quelles que soient les origines du problème, il vous appartient de chercher les exercices qui vont permettre de libérer ces zones de blocage.

 

 

Même si certaines faiblesses se retrouvent de façon récurrente dans quelques lignées de chevaux : les jarrets droits, un dos trop faible, un manque de propulsion… dans la grande majorité des cas, la responsabilité des déficiences physiques  incombe aux cavaliers. Ce sont eux qui ont placé le cheval dans une attitude telle que son corps ne peut plus fonctionner librement. C’est là entre autres, l’intérêt du travail à pied. Redonner au cheval sa liberté de mouvement : accélérer, ralentir, s’arrêter, tourner… Ne plus subir le poids du cavalier trop en avant, trop en arrière, déséquilibré à droite, à gauche, qui tire sur la bouche, s’agite… Autant d’attitudes qui obligent le cheval à compenser par un fonctionnement contre-nature.

 

L’influence du cavalier est redoutable lorsqu’il est en selle. Et comme personne n’est sans défaut, il est important de laisser le cheval se servir de son corps sans contrainte. Cela passe aussi par le jeu ou simplement par la permission de faire quelque chose : une ruade, un saut de mouton… Observez un cheval en liberté, il est capable de bien des mouvements qu’un cavalier peut mettre des années à obtenir : piaffer d’impatience, effectuer des croupades, des changements de pieds, allonger le trot… Un mouvement de rodéo correspond à un saut rond au dessus d’un obstacle. Lorsque Michel n’a pas d’impératif précis, il laisse volontiers le cheval faire tous ces mouvements naturels que l’on peut difficilement obtenir au travail.

Michel considère d’ailleurs que quinze à vingt minutes de longe est indispensable avant de monter.

Si vous prenez l’habitude de travailler à pied, vous constaterez rapidement que la communication avec votre cheval va devenir de plus en plus subtile. Vous allez développer un autre type de relation. Petit à petit, par votre persévérance et votre observation vous allez entrer dans le langage du cheval. Ce regard, cette façon de bouger, ce fouaillement de queue, cette petite contraction soudaine… tous ces signes vont devenir une sorte de code, une réponse à vos demandes comprises ou non comprises.

Prenez votre temps et restez concentré. Souvent le cheval pose des questions : « Est-ce que je peux faire ça ?… Est-ce que je peux étendre mon encolure ? ». Si l’objectif de la séance est d’obtenir l’allongement de l’encolure vers le bas, soyez prêt à relâcher la pression dès l’instant où le cheval esquisse le moindre mouvement dans ce sens. Soyez prêt à répondre : « Oui c’est ça ! ». Si vous êtes en train de téléphoner, de regarder ailleurs ou de bavarder avec quelqu’un, la question du cheval reste sans réponse. Le cheval attend un confort supplémentaire lorsqu’il répond positivement à votre demande. Si le longeur ne répond pas par un relâchement de la pression, le cheval en déduit que la bonne réponse n’est pas de s’étendre vers le bas, c’est peut-être autre chose : mettre un coup de cul, tirer sur la longe, s’arrêter…?

Il est donc primordial d’être “à l’écoute” du cheval, de savoir décoder son langage. Encore une fois, c’est une question d’habitude et de bon sens naturel.
Vous vous apercevrez rapidement que la compréhension de ce langage vous sera bénéfique une fois en selle. Michel insiste beaucoup sur cette phase de travail à pied. Bon nombre de cavaliers vont se dire : « Oui mais tout cela prend du temps… mon problème n’est pas là… ».

 

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Sachez que tout le temps consacré au travail à pied, à essayer d’établir une véritable communication avec votre cheval sera au final un gain de temps énorme lorsque vous serez en selle. Tout cela n’est pas si compliqué. Quand le cheval va dans le sens de l’objectif choisi, je relâche la pression. Quand au contraire, il s’en éloigne, je maintiens ou je renforce la pression. J’ouvre la porte ou je ferme la porte. Je place le cheval dans le confort ou dans l’inconfort.

 

Bien sûr il existe des nuances, le confort c’est relâcher la pression, mais aussi cesser une action, récompenser par une caresse, une friandise, rentrer à l’écurie… Placer le cheval dans l’inconfort, c’est maintenir une sorte de gêne qui l’incitera à venir ou à revenir dans la situation où il peut évoluer sans contrainte dans une sorte de liberté surveillée. En aucun cas, l’inconfort n’est une violence ou une agression physique. Il faut avant tout montrer la porte, le passage qui mène vers la solution, le confort.

 

Michel Robert et Andy Booth

Propos recueillis par Karine Cante

 

 

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