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Les bases de la préparation à l'obstacle

Mots Clés
REF ART75, préparation compétition, Concours de saut d'obstacles, préparation sur le plat, Préparation mentale du cavalier

Il y a trop souvent deux visions du travail : le plat  et l’obstacle. Pourtant, le dressage du cheval doit toujours répondre aux mêmes exigences quel que soit le travail. Durant la phase de travail sur le plat, cavaliers et chevaux doivent se placer d’emblée dans les conditions physiques et mentales d’un parcours d’obstacles. Trop de cavaliers travaillent leurs chevaux pendant des heures, mais dès qu’ils vont sauter rien ne va plus : l’état d’esprit, la position, tout change. Le cheval, inquiet, modifie à son tour son comportement. Il était dressé… et quelques instants plus tard, il ne l’est plus. Cette situation est souvent la conséquence d’un manque “d’imagination” de la part du cavalier qui n’a pas une vision claire des objectifs. Parfois, s’imaginer que l’on va sauter une rivière de 4 mètres, une combinaison de verticaux, un oxer de 1,50 mètre de large, tourner à gauche, à droite, ralentir, aide à se rapprocher des conditions de calme, de contrôle du rythme nécessaires pour aller sauter. N’attendez pas de vous retrouver devant l’obstacle pour savoir si tous les paramètres sont maîtrisés ou non. Pour avoir du plaisir à faire un parcours, sur des obstacles de 50 centimètres ou de 1,50 mètre, la condition préalable est toujours la même : il faut un cheval dressé. Qu’est-ce qu’un cheval dressé ? Eh bien, c’est un cheval sur la main, capable d’enchaîner des figures et des exercices précis à une vitesse et sur un tracé déterminés. Ceci peut vous paraître évident, mais combien de cavaliers sont capables d’effectuer un parcours sur des obstacles de vingt centimètres, dans une cadence constante à l’abord et à la réception des obstacles, de rester en ligne « face à la glace », de faire des voltes de 10 mètres en gardant l’incurvation, de faire des allongements au galop sur 5 ou 6 foulées pour revenir dans leur galop de référence, de changer de pied au galop ? 
Ce n’est pas si compliqué d’obtenir ce résultat, encore faut-il avoir conscience de l’utilité de ce travail préparatoire. Bien sûr que l’on peut faire un parcours sans réunir toutes ces conditions, mais quelle “galère” pour le cavalier et le cheval !

Les cavaliers de dressage nous envient cette possibilité de test à l’obstacle. Si le galop sur le plat n’est pas bon, le saut sera mauvais : il y a sanction immédiate. Contrairement au dressage où il n’y a que le juge pour estimer si le galop vaut 3 sur 10 ou 9 sur 10, l’obstacle est à lui seul un moyen d’obtenir un retour d’information. C’est pourquoi, quel que soit le travail sur le plat, je cherche toujours à replacer les cavaliers dans les conditions de l’obstacle : « Imaginez que vous êtes filmés. Vous devez faire croire que vous êtes sur un parcours. L’attitude, la qualité du galop, le comportement… doivent être ceux d’un cavalier et d’un cheval prêts à sauter. Tout doit faire illusion devant la caméra.Vous le constaterez, en très peu de temps le cheval lui aussi va jouer le jeu. Lorsque nous visionnerons le film de ce parcours imaginaire, il faudra que vous soyez crédibles. » Le cavalier doit donc conserver sa concentration et faire “comme si…”. Il faut jouer le jeu, et même ne pas hésiter à aller dans l’excès. Si on estime que le galop de référence en épreuve est de 350 mètres par minute, il doit être capable de faire des voltes ou des changements de pieds dans un galop de 400 mètres par minute. Ceci pour habituer le cheval à être dans une tension et une énergie supérieures à celles que l’on demande à l’obstacle. Même si votre cheval n’en a pas les moyens, essayez de vous rendre compte de votre attitude et de savoir si vous seriez capable d’aller sauter un vertical de 1 mètre 60 avec cette qualité de galop.