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Libérez l'énergie !

Mots Clés
REF ART68, préparation physique du cavalier, préparation physique du cheval, position du cavalier, Préparation mentale du cavalier

 

Je travaille de plus en plus sur la notion de transfert d’énergie. L’énergie dont je parle peut se définir comme un fluide circulant dans le corps du cheval ou du cavalier pour permettre le mouvement. Elle est déclenchée par notre volonté consciente ou non d’atteindre un objectif. Le cavalier exprime son intention et transmet une demande au cheval pour activer telle ou telle partie de son corps.
L’énergie est une sorte de force tranquille. Celle que les chevaux et les humains respectent. Imaginez votre attitude au moment de soulever une lourde charge. Sans faire d’action particulière, vous cherchez à prendre de la force par une certaine disposition physique et mentale. Transposée à cheval, c’est cette attitude du “prêt à tout “ qui va rendre efficace le moindre mouvement ou la moindre demande.
Les chevaux sont très à l’écoute de l’intensité de cette énergie. En compétition ou lors d’un exercice difficile, si l’énergie n’est pas là, il ne peut pas y avoir de résultat positif. Une hésitation ou un doute du cavalier sont assimilables à une panne de courant pour le cheval.

Pour transmettre, orienter et contrôler la circulation de l’énergie, il y a des postures et des attitudes à adopter. On ne peut pas imaginer qu’un cavalier assis comme “un sac à patates” sur son cheval soit capable de lui transmettre une quelconque énergie. D’où l’intérêt de travailler sa position.

Les blocages que l’on trouve chez le cheval : raideurs, manque de soumission, de propulsion... peuvent être, il est vrai, la conséquence d’embouchures trop dures, d’enrênements trop contraignants ou de selles mal adaptées. On peut cependant dire qu’ils sont majoritairement dus au cavalier... ou aux cavaliers précédents. Il suffit parfois d’un simple défaut de position : une épaule trop raide, un genou trop serré, une hanche bloquée... Autant de zones de tension qui vont constituer une barrière à la circulation fluide et régulière de l’énergie. Un peu comme un tuyau bouché dans lequel les fluides ne circulent plus.

Je pratique beaucoup le yoga. Cette discipline permet de prendre conscience de notre corps, de repérer nos propres zones de blocage et de les faire disparaître progressivement. Se préparer à pied est le meilleur moyen d’épargner son cheval et de ne pas lui faire subir les conséquences de nos déficiences physiques !

Je me souviens qu’un jour aux écuries, j’observais un groupe de jeunes cavaliers jouant à imiter les chevaux au galop. Parmi eux, le seul qui ne parvenait pas à changer de pied était justement celui qui n’y parvenait pas à cheval ! Je pense qu’il est difficile d’imposer au cheval l’exécution d’un exercice que l’on ne peut pas intégrer à la fois physiquement et mentalement. Ainsi, si je demande un mouvement à mon cheval, je dois avoir une représentation précise de mon objectif et des moyens d’y parvenir. C’est à cette seule condition que l’énergie nécessaire à l’obtention d’une bonne réponse de la part du cheval sera transmise dans la fluidité du mouvement. Si, au contraire, l’esprit se met à douter pour diverses raisons : manque de détermination, peurs, incompétences, manque de concentration... à cet instant, l’énergie est comme contenue dans une zone où va se “cristalliser” le blocage : un genou serré contre la selle, une main crispée sur les rênes... L’exemple classique est celui du débutant qui demande à son cheval d’avancer en s’accrochant aux rênes parce qu’il a peur. Au lieu de se propulser vers l’avant, le cheval va tenter de se débarrasser de ce “trop plein” d’énergie par des mouvements tels que le relèvement de l’encolure associé à un dos creux, un reculer, un coup de cul...
Le cavalier n’a généralement pas conscience des répercutions physiques et mentales de ses propres blocages sur son cheval. Ils sont pourtant à l’origine de la plupart des défenses et de nombreuses pathologies récurrentes au niveau du dos et de l’encolure.
D’où l’intérêt de mettre votre cheval en liberté ou en longe le plus souvent possible. Là, les chevaux trottent, tournent, changent de pieds sans aucun problème. D’ailleurs, ils savent se manipuler eux-mêmes avec une bonne ruade, en se roulant ou en s’étirant comme le font les chiens ou les chats. Et pour cela, nul besoin d’ostéopathe. Si ces derniers sont par ailleurs bien utiles pour certains chevaux, les cavaliers doivent faire l’effort d’aller au-delà des simples apparences, en analysant, voire en remettant en cause leur propre façon de faire...

Extrait du livre "Carnet de champion"