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Programme de remise en condition physique du cheval

Mots Clés
Débutant, préparation physique du cheval, mise en condition du cheval, programme de travail, REF ART34

 

La période estivale est souvent l’occasion de mettre les chevaux au repos. Dès lors, la question de la remise au travail intéresse, à juste titre, bon nombre d’entre vous. En la matière, la préoccupation essentielle du cavalier doit se porter sur la remise en condition physique du cheval. C’est sur ce point que je voudrais insister car, sans elle, aucune performance sportive durable n’est envisageable.
Pour autant, pas de panique. Si le cheval était en bonne condition physique auparavant et dans la mesure où l’arrêt de l’activité n’a pas excédé 4 ou 5 semaines, cela peut aller assez vite.
Par bonne condition, j’entends un cheval capable de soutenir un travail d’un quart d’heure au galop ou un trotting de 45 mn sans montrer de signes d’essoufflement ou de souffrances physiques. C’est un bon baromètre pour se rendre compte s’il est apte à supporter les efforts imposés par la pratique d’une activité sportive.

Si tel est le cas, la musculature, les articulations et le souffle retrouveront facilement leur bon fonctionnement en 2 ou 3 semaines. A condition de ne pas brûler les étapes et d’être très à l’écoute des signes de fatigue du cheval. Cela commence le matin, lorsque vous arrivez au box. Observer l’état de son cheval est important car selon ce que vous allez constater, vous devrez adapter le programme de la journée. Inspectez les membres, les tendons, les boulets, les pieds... pour repérer les éventuelles sensibilités, l’apparition de mollettes, zones de chaleur... Passer la main sur le dos et être attentif aux réactions du cheval est aussi une bonne précaution à prendre. Les jours où le cheval semble en forme, on va pouvoir entreprendre un travail un peu plus important, sinon, il faudra se montrer prudent et baisser le niveau d’exigence. Patience et longueur de temps font plus que force, ni que rage.
La première règle pour mettre, ou remettre, un cheval en condition physique est de fractionner le travail. C’est à dire alterner entre les temps d’efforts et les temps de récupération. Au cours d’une même séance, on peut demander 3 ou 4 séries d’efforts entrecoupés de temps de pause rênes longues. L’intensité de l’effort ira crescendo, en tenant compte de l’état physique du cheval. La respiration du cheval en est un très bon indicateur. Un mouvement d’ouverture et de fermeture des cotes très rapide et localisé à l’arrière des flancs, est un signe d’essoufflement et de souffrance. Dans ce cas, il est temps de laisser le cheval récupérer avant de lui demander un nouvel effort. Ne pas tenir compte de ce signal, peut engendrer de graves pathologies : coups de sang, tendinites... A l’inverse, si le cheval semble respirer à plein poumon en ouvrant bien les cotes jusqu’à la sangle, c’est signe que l’effort semble bien supporté.

Pour en revenir à notre programme de remise au travail, il faut aussi tenir compte de l’objectif visé. Sauter des parcours à un mètre ne nécessite pas forcément une condition physique exceptionnelle. Par contre, si il est question de sauter 1m50 ou de compétition d’endurance, le programme de mise en condition sera bien différent. La préparation physique est bien sûr proportionnelle aux efforts à fournir.
 

 

 

Programme de remise en condition pour un cheval de sport (après 4 à 5 semaines de repos au pré) :

Etape 1 : les 2 ou 3 premiers jours
Si le terrain est bon et que le cheval n’est pas trop chaud, le mieux est de commencer la remise au travail par des séances en longe. Cela permet au cheval de refaire fonctionner ses articulations et ses muscles sans subir le poids du cavalier sur son dos.

Etape 2 : les 8 ou 10 jours suivants
Alterner entre les trottings et le pas, si possible à l’extérieur et en terrain varié. Cela permet de préserver le moral du cheval et de stimuler ses capacités de proprioception par rapport au sol.

Etape 3 : Les jours suivants
Intégrez progressivement dans la séance des temps de galop entrecoupés de temps de pause. Bien entendu, restez là encore, très attentif à la respiration du cheval pour détecter les éventuels signes de fatigue.

Etape 4 : Concernant la reprise du travail à l’obstacle
Les articulations, tendons, ligaments... ont besoin d’être préparés plus spécifiquement à ce type d’effort. Il faut donc rester prudent. Au bout de 5 à 6 jours de galop, on peut sauter quelques petits cavalettis et effectuer quelques exercices de gymnastique sur des croisillons ou verticaux très bas pour éviter les réceptions trop violentes.

Le corps du cheval va s’endurcir au fur et à mesure des séances de saut. Rien n’empêche de sauter presque tous les jours de petits obstacles. En revanche, vouloir brûler les étapes en sautant trop rapidement trop haut, c’est aller au devant des problèmes. Beaucoup trop de chevaux se font mal aux réceptions et ne veulent plus sauter parce qu’ils n’ont pas été suffisamment préparés physiquement.

 

Enfin, concernant la durée des séances, je dirais que plus les séances sont longues et non éprouvantes physiquement, mieux ce sera. Ce n’est pas la durée de l’effort qui est le plus critique, mais plutôt son intensité. Donc même les premiers jours, le cheval peut travailler une heure, à condition de rester dans des allures lentes. Travailler une ou deux heures au pas ne pose pas de problème. D’une façon générale, on peut dire que les chevaux ne travaillent pas assez longtemps. Des séances d’une heure par jour sont le strict minimum pour un cheval de sport. Si on avait la possibilité de sortir les chevaux deux ou trois heures par jour, ils seraient beaucoup plus résistants et mieux dans leur tête.