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Stage d'obstacle Pénélope Leprévost et Michel Robert : La conférence . 1ére partie

Mots-clés
HABG07, Conférence masterclass, stage CSO, stage saut d'obstacles, penelope leprevost

A l'occasion du Masterclass du 5 et 6 janvier 2019 au Boulerie Jump du Mans, Michel Robert et Pénélope Leprévost répondent aux questions du public.

Pour vous, c'est quoi être un champion ?

Michel Robert
Etre champion, c’est aussi un peu une étiquette que l’on colle. Des champions de France par exemple, il y en a de plus en plus avec les concours clubs et poneys. Il est certain qu’il faut définir le mot champion. Est-ce qu’on est champion à partir du moment où l’on est champion Olympique comme Pénélope. Beaucoup de gens veulent être champion dans leur cœur, dans leur tête, après à chacun de voir jusqu’où il peut aller.

Pénélope Leprévost
Tout le monde n’a pas forcément envie de devenir champion. On peut ne pas aimer les challenges ou se mesurer aux autres.
Avant toute chose, ce qui compte c’est de trouver ce dont le cheval a besoin pour arriver au résultat escompté. A cheval, on est d’abord dans le relationnel, dans un objectif de transmission de quelque chose.

Michel Robert
Cette relation avec les chevaux est importante. Si on aime monter à cheval, c’est qu’il y a une raison. On est attiré par eux, on a la passion. Ce n’est pas que financier ou pour faire bien sur les terrains de concours. Comme l’exprime très bien Pénélope, cette relation avec le cheval, on peut la développer et surtout y prendre du plaisir. Quelle que soit la discipline que l’on pratique, cette notion d’harmonie avec le cheval est une priorité.

Comment a débuté la collaboration entre vous deux ?

Michel Robert
La première fois que j’ai vu Pénélope à cheval, je me suis dit : « ah enfin ! ça existe cette position idéale que l’on recherche tous ».

Pénélope Leprévost
Déjà, on avait un point commun : c’était de longer nos chevaux en licol éthologique ! Pas mal de gens nous regardaient un peu bizarrement. On s’est connus au moment où Michel a récupéré Kronos d’Ouilly et moi, Jubilée d’Ouilly. La jument était très bonne, mais elle était très spéciale et doutait beaucoup d’elle.

Michel Robert
Oui et Jubilée n’aimait pas trop les humains. Elle avait un peu mal partout et avait aussi connu de mauvaises expériences.

 

Pénélope Leprévost et Jubilée à Equita Lyon en 2008

Pénélope Leprévost
Avec Jubilée, nous avons été un peu à fond dans tous les exercices. Au début, il fallait que je m’assoie en avant à droite. J’étais assise comme ça pendant 2 ans, je ne savais pas trop pourquoi mais je sentais bien que comme ça elle était contente. La première fois que je suis allée travailler chez Michel, il a tourné Jubilée à la longe, puis on lui a mis une selle et je l’ai montée tenue en longe, sans rênes, comme une débutante. Ensuite, on lui a mis un filet en gardant le licol dessous. Au début, on a mis les rênes sur le licol. De fil en aiguille, on est arrivé à en faire une vraie crack. Jubilée a été ma première jument de haut niveau et sans Michel, j’aurais eu beaucoup de mal car elle était extrêmement difficile. En 6 mois, j’ai pu faire du haut niveau. Au début, sur les paddocks, elle n’approchait pas des obstacles. Michel m’a beaucoup aidée techniquement et moralement.

Michel Robert
Pénélope arrive à faire des parcours de haut niveau avec des chevaux qui normalement sauteraient 1m30, mais avec elle, ils deviennent capables de gagner des Grand Prix comme ceux de la Baule.
Elle donne un vrai plus aux chevaux. Elle sait les utiliser à 120 % grâce à sa position, à son envie et, bien sûr, parce que les chevaux veulent bien lui donner tout cela.

Pénélope Leprévost
Les chevaux comme ceux-là ont du cœur, par contre, il ne faut surtout pas les trahir.

Michel Robert
C’est aussi dans la difficulté que l’on se rend compte à quel point il faut être pointu techniquement et mentalement. Quand on a de l’expérience et un cheval brave et facile qui accepte tout, finalement on n’apprend pas grand-chose.

Pénélope Leprévost
Oui enfin… les chevaux faciles, c’est bien aussi de temps en temps !

Michel Robert
C’est vrai aussi !
Avec des chevaux délicats, il faut y croire beaucoup. Pour ça Pénélope a un mental extraordinaire. On ne peut pas y arriver si on n’a pas la vision mentale de la réussite.

 

Préparez-vous beaucoup vos parcours mentalement ?

Michel Robert
Je pense que de la préparation mentale tout le monde en fait, parfois sans en avoir conscience. Ne serait-ce que reconnaitre un parcours. Ça c’est déjà de la préparation mentale. Savoir qu’après le droit, il y a un oxer, puis un tournant… c’est de la programmation mentale.

Pénélope Leprévost
En ce qui me concerne, je pense que je fais plus les choses à l’instinct. Je n’intellectualise pas autant que Michel. Je ne réfléchis pas à l’avance à mon attitude.

Michel Robert
Ok mais ton parcours tu le connais bien à l’avance. Donc c’est de l’anticipation. On voit la même chose chez les cavaliers de dressage qui se mettent dans un coin et miment leur reprise. Bien sûr, le besoin de se préparer mentalement est variable selon les individus. En ce qui me concerne pour les Grand prix, j’avais besoin de repasser au moins 5 fois les parcours réussis dans ma tête avant d’aller en piste. Tant que le parcours n’est pas sans faute dans ma tête, je recommence. Pour la plupart des cavaliers, c’est une aide très précieuse.
Programmer notre mental positivement est une priorité. Si on dit à quelqu’un : « tu es nul, tu n’y arriveras pas… «, il se programme en négatif et il a vraiment peu de chance de réussir.
La puissance du mental sur nos actes est énorme.

Michel Robert et Kronos d'Ouilly . entrée de piste Grand Prix Toscana Tour 2018

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