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Travail du jeune cheval : laissez leur le temps de grandir et de comprendre

Mots Clés
Débutant, préparation physique du cheval, mise en condition du cheval, Travail jeune cheval, REF ART57

Le travail du jeune cheval n’est profitable qu’à la condition d’y consacrer du temps et de faire preuve de patience.
Avant tout, il faut laisser le temps aux chevaux de grandir, de comprendre, d’apprendre et de se mettre en condition physique. Les épreuves jeunes chevaux sont une très bonne chose, mais seulement si le cheval est prêt physiquement, mentalement et techniquement. Si ce n’est pas le cas, gardez-le à la maison. Ne gaspillez pas son potentiel. Contrairement aux chevaux de course et surtout aux galopeurs, la carrière d’un cheval de CSO dure généralement plus de 10 ans. Il gardera toutes ses qualités jusqu’à 14 ans et même au-delà. Il y a des chevaux qui gagnent des CSIO à l’âge de 18 ans. Alors ne brûlez pas les étapes ! Exploiter exagérément un cheval avant l’âge de 7 ans, c’est prendre le risque d’écourter sa carrière de compétition. Pris par la fougue de la jeunesse, un cheval peut aller bien au-delà de ses possibilités physiques. Malheureusement, si le physique lâche, le mental lâche aussi. C’est la raison pour laquelle certains chevaux n’ont plus aucun résultat lorsqu’ils prennent de l’âge alors que, très jeunes, ils étaient capables de sauter exceptionnellement bien.

Le cavalier doit donc porter toute son attention sur les deux paramètres indissociables que sont : l’état mental et l’état physique de son cheval. Avec le temps, j’ai acquis la conviction qu’une bonne condition physique apporte joie de vivre et confiance. Ceci est valable aussi bien pour les chevaux que pour les cavaliers.

 

 

Pour aborder le travail du jeune cheval, il y a deux approches possibles :
. Soit partir du cheval en prenant en compte ses capacités physiques et mentales. Ce sera la base de l’organisation du travail, sachant que l’objectif final est de parvenir à tel ou tel niveau.

. Soit partir du cavalier ou du propriétaire qui fixe comme objectif de participer à telle ou telle épreuve.

Vous vous en doutez déjà, je préfère la première approche qui privilégie
la progression du cheval et consiste à attendre qu’il soit prêt physiquement à faire les choses avant de les lui demander.

Dans cet esprit, lorsqu’un nouveau cheval arrive dans mes écuries, je prends toujours le temps de l’observer et de faire la check-list de son état physique. Est-il trop gros, trop maigre, faut-il le vermifuger ?... Ses dents ne présentent-t-elles pas des aspérités à faire râper ?... Comment sont ses pieds ?... Peut-on améliorer sa ferrure ?... Pourquoi ces molettes ?... Et ce vésigon, il doit disparaître après un travail adapté… Le dos supportera-t-il le poids du cavalier à froid ?... Peut-être faudra-t-il le longer avant chaque séance de travail… Pourquoi réagit-il autant au sanglage ?...
Une sangle plus large lui serait plus confortable… La check-liste peut être longue, mais chaque point faible est comme un voyant qui s’allume sur un tableau de bord. L’ignorer ou faire semblant de ne pas le voir, c’est mettre le coup de marteau sur le voyant rouge, c’est compromettre l’avenir du cheval. A chaque problème, il faudra tôt ou tard trouver une solution.

Généralement, après une période d’observation, je refais un bilan quelques semaines plus tard pour me rendre compte de l’état général du cheval. Il est sage de respecter ce temps d’adaptation pour les chevaux qui changent d’écurie. Personnellement, j’attends, en principe, quinze jours à un mois avant de faire sauter un cheval qui arrive chez moi. Les changements d’habitudes, de cavalier, de lieu peuvent le perturber et la qualité des sauts peut s’en ressentir. Certains ont alors la tentation d’insister lourdement pour prouver qu’en fait, le cheval est bien conforme à ce qu’ils en attendaient. Les courbatures et les souffrances physiques du cheval rendront plus difficile l’adaptation à son nouvel environnement. Si l’objectif est de le garder dans votre écurie, mieux vaut prendre son temps. Vouloir obtenir un résultat rapide se fera forcément au détriment de sa santé, de son moral et de la qualité de son apprentissage.

 

Extrait du livre "Secrets et méthode d'un grand champion"